Travaux de sauvegarde d'une abbaye ensevelie

Relevé précis du bâti existant réalisé par M. Claude Wiedenhoff, en 2017, et servant de base à notre propre calepinage.
Relevé précis du bâti existant réalisé par M. Claude Wiedenhoff, en 2017, et servant de base à notre propre calepinage.

L’Association pour la mise en valeur du site de Graufthal-Eschbourg (AMVSGE), présidée par Marc Burckhart, nous a confié la mission de participer aux travaux archéologiques pilotés par l’archéologue Jacky Koch, sous la supervision de Maxime Werlé, responsable du service archéologique de la DRAC, et de Jean-Christophe Brua, architecte du Patrimoine.

 

L’abbaye est tombée en ruine dès le 16ème siècle. Une partie des pierres a servi à construire l’église (aujourd’hui protestante).
L’abbaye est tombée en ruine dès le 16ème siècle. Une partie des pierres a servi à construire l’église (aujourd’hui protestante).

 

Il s’agit d’étudier et de consolider ce qui reste du bâti, pour l’essentiel enfoui, d’une abbaye bénédictine qui a connu son apogée au 12ème siècle et inscrite au Patrimoine depuis 1984. Une démarche qui enthousiasme particulièrement les tailleurs de pierre, Pierre Holveck et Rémi Carradot car, non seulement ils sont aux premières loges des découvertes, mais ils savent que leur travail exige de l’organisation et beaucoup de minutie et d’attention pour permettre aux archéologues d’assurer au mieux leur mission. Cette exigence échappe sans doute au visiteur non averti qui jusqu’ici n’aura vu qu’un amas de pierres dans le désordre et des fragments éparpillés sur un chantier qui laisse émerger quelques arcades bien fragilisées.

 

La première phase de notre intervention a été de sécuriser les arcades et les murs restants et de repérer ce qui pourrait aider les archéologues à replacer les éléments dans leur ordre de construction en nous basant sur des détails comme par exemple la façon dont la pierre a été taillée ou maçonnée. 

 

Nous avons construit et mis en place des cintres en bois qui nous ont permis de démonter méthodiquement chaque pierre une à une pratiquement dans l’ordre inverse dans lequel elles ont été montées au Moyen Âge. Puis, nous les avons numérotées et mises de côté afin de pouvoir les remonter une fois que les archéologues auront dégagé et étudié la ruine plus profondément sous terre. Cette deuxième phase de notre intervention est prévue avant juin 2019.